Permis de travail au Bangladesh : visas, autorités, impôt et fin de mission en 2026

by Barrister Tahmidur Rahman | Oct 24, 2026 | Employment & Labour, Insights | 0 comments

TRW Insight / Bangladesh

Dirigeants de filiale, ingénieurs et techniciens francophones ne peuvent travailler au Bangladesh qu'avec le bon visa et un permis délivré à temps. Depuis la fusion de la BIDA dans Invest Bangladesh, les autorités et les délais ont changé.

Mis à jour 24 octobre 2026Analyse juridiqueBangladesh15 min de lecture

Permis de travail au Bangladesh : ce que les employeurs francophones doivent savoir en 2026

Le permis de travail au Bangladesh est la pièce maîtresse de toute mission d'expatrié, qu'il s'agisse d'un directeur de filiale français, d'un ingénieur belge sur un chantier, d'un responsable qualité suisse dans une usine textile ou d'un cadre québécois recruté sur place. Le visa autorise l'entrée ; seul le permis autorise le travail. Et de ce permis dépendent la prolongation du visa, le transfert des salaires et la sortie définitive du pays.

En 2026, la loi Invest Bangladesh a fusionné la BIDA, la BEZA et l'autorité des partenariats public-privé, et le ministère de l'Intérieur a publié une nouvelle politique des visas. Ce guide explique, au 24 octobre 2026, qui délivre le permis, dans quels délais, quel droit du travail s'applique, comment l'expatrié est imposé et comment terminer proprement sa mission.

Permis de travail au Bangladesh — cadres étrangers dans un bureau d'affaires à Dhaka
Le permis, et non le visa, autorise l'expatrié à travailler

Résumé : Un étranger ne peut travailler au Bangladesh qu'avec un visa de catégorie emploi (E2, E3, PI, entre autres) et un permis délivré par Invest Bangladesh, la BEPZA, l'autorité des parcs technologiques ou le bureau des ONG, demandé dans les 15 jours ouvrables suivant la première entrée et suivi d'une autorisation de sécurité déposée en ligne. Le Labour Act protège l'expatrié comme tout salarié, sauf s'il exerce par écrit des fonctions de direction.

Point clé : Le visa n'est prolongé que pour la durée du permis plus 15 jours, la banque ne transfère le salaire qu'au regard des avantages mentionnés dans le permis, et l'épargne ne sort du pays que si le contrat a été approuvé. Un permis expiré ou une autorisation de sécurité oubliée bloque à la fois le séjour, la paie et le départ.

En bref

01

Nouvelle autorité

Invest Bangladesh, créée par la loi n° 104 de 2026, a repris les fonctions de la BIDA et de la BEZA.

02

15 jours ouvrables

Délai pour demander le permis après la première entrée avec un visa E1, E2, E3, J, P, PI ou N1.

03

Sécurité

Demande uniquement en ligne ; réputée accordée sans objection sous 21 jours ouvrables.

04

183 jours

Seuil de résidence fiscale ; un non-résident étranger paie 30 %.

05

Règle des 80/20

80 % du salaire net transférable en cours d'année, le solde après imposition.

Sommaire

Permis de travail au Bangladesh : le cadre juridique de 2026

Toute mission repose sur cinq régimes : la politique des visas de 2026 (Visa Policy 2026) pour l'entrée et le séjour[3] ; le permis délivré par l'autorité compétente[1] ; le Bangladesh Labour Act 2006, modifié en 2026[8] [9] ; le Contract Act 1872 pour tout ce que le droit du travail ne couvre pas[10] ; l'Income Tax Act 2023 et le contrôle des changes de la Bangladesh Bank.[11] [13]

Régulariser l'un ne corrige pas un défaut dans un autre. Les entreprises qui traitent l'expatriation comme une simple formalité d'immigration découvrent souvent les problèmes fiscaux et de change au moment du départ, quand ils sont le plus difficiles à résoudre. Le tableau ci-dessous indique quelle autorité délivre le permis selon l'implantation de l'employeur ; sur téléphone, faites-le défiler.

Quelle autorité délivre le permis de travail au Bangladesh
EmployeurAutoritéFondementPoint d'attention
Société, succursale, bureau de liaisonInvest BangladeshInvest Bangladesh Act 2026, art. 6Successeur de la BIDA depuis août 2026
Entreprise d'une ancienne zone économiqueInvest BangladeshInvest Bangladesh Act 2026, art. 66Reprise des fonctions de la BEZA
Usine en zone franche d'exportationBEPZALoi BEPZA de 1980, non abrogéeDroit du travail spécial des zones franches
Entreprise d'un parc technologiqueBHTPAHi-Tech Park Authority Act 2010Guichet unique propre
ONG enregistréeNGO Affairs BureauPolitique des visas 2026Autorisations de sécurité spécifiques

Qui délivre le permis de travail au Bangladesh depuis la loi Invest Bangladesh

La loi Invest Bangladesh de 2026 (loi n° 104 de 2026) a été publiée le 16 juillet 2026. Son article 66 abroge les lois sur la BIDA, la BEZA, les partenariats public-privé et le guichet unique, dissout ces autorités et transfère leurs dossiers à la nouvelle autorité.[1] L'entrée en vigueur a été fixée par notification au 20 août 2026, selon la presse, et l'autorité a commencé ses activités le 23 août 2026.[2]

L'article 6 lui confie la fixation des conditions d'emploi des étrangers, la recommandation des visas et la délivrance des permis.[1] Les permis accordés avant la fusion restent valables.[2] L'autorité dépend de l'employeur, pas du salarié : une usine en zone franche d'exportation relève de la BEPZA, qui n'a pas été fusionnée, une entreprise d'un parc technologique de la BHTPA, une ONG du NGO Affairs Bureau.[3] Un groupe présent à Dhaka et en zone franche demande donc un permis à chaque autorité concernée.

Quotas, frais, durée et dossier

Les lignes directrices héritées de la BIDA appliquent des ratios entre personnel local et étranger : dix pour un au lancement d'un projet industriel, vingt pour un en exploitation, cinq pour un pour les succursales et bureaux de liaison.[5] Le barème fixe les frais à 5 000 takas par personne et par an, pour un délai annoncé de 16 jours ouvrables.[4] Le permis de travail au Bangladesh est accordé pour un an, prolongeable jusqu'à cinq ans.[6] La nouvelle autorité n'a pas confirmé si elle reconduit ces règles.

Le dossier comprend la résolution du conseil fixant salaire et avantages, le contrat de travail, la liste du personnel, le quitus fiscal de la société et la liste des salariés locaux que l'expatrié formera. Succursales, coentreprises et sociétés à capitaux étrangers justifient aussi d'un transfert entrant d'au moins 50 000 dollars.[4] Voir notre guide des conditions du visa de travail au Bangladesh.

L'autorisation de sécurité, un délai à part entière

Depuis le 1er octobre 2025, l'autorisation de sécurité se demande exclusivement en ligne. Elle est réputée accordée sans objection dans les 21 jours ouvrables suivant un dossier complet, mais le permis devient caduc si la demande n'est pas déposée dans le délai qu'il fixe.[7] C'est l'étape la plus souvent oubliée : la lettre de permis arrive, le dossier est classé, et le délai expire.

Permis de travail au Bangladesh — dossier de demande et autorisation de sécurité en ligne
L'autorisation de sécurité suit le permis et a son propre délai

Les visas qui ouvrent droit au permis

La politique des visas de 2026, publiée en août 2026 et applicable immédiatement, compte 34 catégories.[3] Le visa E2 vise les experts et salariés qualifiés du secteur public ou privé, de l'habillement, de l'industrie et des succursales, ainsi que les entrepreneurs exécutant des contrats EPC, clés en main ou de PPP. Le visa E3 couvre l'installation, la maintenance et l'inspection de machines ou de logiciels, avec 90 jours au plus par séjour.[3]

Ces visas sont délivrés pour six mois au plus, puis prolongés pour la durée du permis plus 15 jours. La première prolongation exige un numéro fiscal (TIN), chaque prolongation un certificat d'impôt.[3] Un expatrié qui n'a pas déclaré ne peut donc pas rester.

Le visa d'affaires n'autorise pas le travail

Les visas B, de personne à charge et de nombreuses autres catégories portent la mention « Employment in Bangladesh prohibited ». Sauf pour un visa à l'arrivée, convertible notamment en E2, E3 ou PI moyennant 200 dollars pour qui prend un emploi, aucune catégorie ne peut être changée après l'entrée.[3] Un technicien envoyé avec un visa d'affaires pour mettre en route une ligne de production travaille illégalement. Pour les actionnaires, voir notre guide du visa investisseur PI (en anglais).

L'employeur en répond : si l'étranger dissimule une information ou viole une condition de son visa, l'organisme qui l'emploie paie 100 000 takas par personne, puis 200 000 takas en cas de récidive. Le séjour irrégulier coûte 1 000 takas par jour les 15 premiers jours, puis 2 000 takas.[3]

Le droit du travail applicable à l'expatrié

Le Labour Act ne fait aucune distinction de nationalité : sa définition du « worker », remplacée en 2026, vise toute personne employée pour un travail qualifié, manuel, technique, commercial ou administratif.[8] [9] Seule est exclue la personne investie par écrit de fonctions de direction, d'administration ou de supervision.[8] Un « manager » qui n'encadre personne risque d'être requalifié en salarié protégé, avec des minima légaux qui s'imposent quel que soit le contrat.

Le Bangladesh Labour (Amendment) Act 2026, en vigueur depuis le 10 avril 2026, porte le congé maternité à 120 jours et les jours fériés de fête à 13, interdit les listes noires et revoit les seuils syndicaux.[9] Dans les zones franches d'exportation, une loi spéciale de 2019 s'applique sous le contrôle de la BEPZA. Voir notre guide du droit du travail au Bangladesh.

Le contrat de l'expatrié

Pour un cadre exclu du Labour Act, le contrat est l'essentiel de la relation : rédigez-le pour le Bangladesh plutôt que de reprendre le modèle du siège. Désignez l'entité titulaire du permis, alignez la durée sur le cycle du permis, détaillez chaque élément de rémunération et précisez qui supporte l'impôt. Le choix du droit français n'écarte pas les règles impératives bangladaises.

Les clauses de non-concurrence postérieures au contrat sont fragiles : l'article 27 du Contract Act 1872 déclare nul tout accord qui restreint l'exercice d'une profession ou d'un commerce licite, sauf exception liée à la cession d'un fonds.[10] Préférez confidentialité et exclusivité pendant le contrat. Voir notre guide des contrats de travail au Bangladesh.

Permis de travail au Bangladesh — ingénieur étranger dans une usine textile
Techniciens et ingénieurs relèvent des visas E2 ou E3, jamais du visa d'affaires

L'imposition de l'expatrié et les conventions fiscales

Selon l'article 2(45) de l'Income Tax Act 2023, une personne est résidente si elle séjourne au Bangladesh 183 jours ou plus dans l'année fiscale, ou 90 jours après 365 jours de présence au cours des quatre années précédentes.[11] L'année fiscale court de juillet à juin. Le salaire gagné pour un travail effectué au Bangladesh y est imposable, même s'il est versé sur un compte en France.[11]

Le résident suit le barème progressif, avec une franchise de 400 000 takas pour 2026-27 et un taux marginal de 30 % ; le non-résident étranger paie 30 % sans franchise.[12] L'employeur retient l'impôt à la source et ne peut déduire un salaire versé autrement que par virement.[11]

La liste des conventions fiscales publiée par le National Board of Revenue (NBR) comprend la France, la Belgique, la Suisse, le Canada, le Maroc et Maurice.[14] Vérifiez, convention en main, l'État d'imposition du salaire et le crédit d'impôt disponible ; le NBR ne publie pas les dates d'entrée en vigueur.

Transférer le salaire et l'épargne

La circulaire FEPD-1 n° 40 de la Bangladesh Bank du 30 septembre 2026 permet aux banques agréées de transférer jusqu'à 80 % du revenu net après impôt en cours d'année, et le solde en fin d'exercice sur certificat fiscal. Le certificat de l'employeur ne retient que les avantages mentionnés dans le permis.[13] Au départ définitif, l'épargne tirée du salaire et des prestations prévues au contrat approuvé peut être transférée, avec le fonds de prévoyance et l'indemnité de fin de carrière.[13]

Obtenir le permis de travail au Bangladesh : la marche à suivre

Chaque autorisation dépend de la précédente. La séquence ci-dessous suppose un employeur déjà constitué et enregistré.

Étape 01

Choisir la catégorie

Déterminez avant le départ le visa adapté au poste : E2 pour un emploi, E3 pour une mission technique, PI pour un investisseur qui dirige sa société.

Étape 02

Obtenir la recommandation

Demandez à Invest Bangladesh, à la BEPZA ou à la BHTPA la recommandation de visa, sur la base de la résolution du conseil et du contrat.

Étape 03

Demander le visa

Déposez la demande auprès de l'ambassade ou du consulat du Bangladesh compétent, avec la recommandation et les pièces exigées.

Étape 04

Déposer le permis

Dans les 15 jours ouvrables suivant la première entrée, déposez la demande de permis en ligne avec le contrat, la liste du personnel et le quitus fiscal de la société.

Étape 05

Demander l'autorisation de sécurité

Déposez la demande en ligne dans le délai fixé par le permis, faute de quoi celui-ci devient caduc.

Étape 06

Immatriculer l'expatrié

Obtenez le TIN et organisez la retenue à la source, puis le certificat fiscal nécessaire à chaque prolongation du visa.

Étape 07

Prolonger le visa

Demandez la prolongation au moins 15 jours avant l'échéance, pour la durée du permis plus 15 jours.

Étape 08

Organiser la sortie

Annulez le permis, obtenez le quitus fiscal et faites transférer le solde du salaire et l'épargne sur le fondement du contrat approuvé.

Pour un détachement depuis la France ou la Belgique, une entité bangladaise doit figurer comme employeur, même si la maison mère continue de payer, et le revenu reste imposable au Bangladesh.[11] Un transfert entre deux sociétés du groupe exige une nouvelle autorisation.

Permis de travail au Bangladesh — départ de l'aéroport de Dhaka en fin de mission
Quitus fiscal et annulation du permis conditionnent un départ sans difficulté

Fin de mission : annuler le permis et quitter le pays

Si l'expatrié est un « worker », l'article 26 du Labour Act permet de résilier un contrat permanent, hors faute, avec un préavis de 120 jours pour un salarié mensualisé ou une indemnité équivalente, plus 30 jours de salaire par année d'ancienneté ou la prime de fin de carrière si elle est supérieure ; les sommes dues sont payées dans les 30 jours ouvrables.[8] Pour un cadre exclu du Labour Act, le contrat fait foi.

Le permis doit ensuite être annulé. L'article 243 de l'Income Tax Act 2023 interdit, sauf exceptions, à une personne non domiciliée de quitter le pays sans quitus fiscal ou certificat d'exemption.[11] Le solde de 20 % et l'épargne en dépendent. Réunissez les documents signés avant le dernier jour de travail.

Les erreurs critiques à éviter

  • Demander le permis après le délai de 15 jours ouvrables ou oublier l'autorisation de sécurité.
  • Solliciter une prolongation sans certificat fiscal à jour.
  • Faire travailler des techniciens sous visa d'affaires ou payer en espèces.
  • Laisser le permis ouvert après le départ.

Un registre unique des étrangers employés, revu chaque mois, évite ces erreurs et sécurise chaque permis de travail au Bangladesh. L'équipe mobilité internationale et immigration d'affaires de TRW tient ces registres, et notre pratique de conformité en droit du travail audite contrats et règlements. Voir aussi notre outil Doing business in Bangladesh.

Questions fréquentes

Peut-on travailler avec un visa d'affaires ?

Non. Le visa B interdit l'emploi ; il faut un visa E2, E3 ou équivalent et un permis.[3]

Qui délivre le permis depuis la disparition de la BIDA ?

Invest Bangladesh, pour la plupart des sociétés et bureaux ; la BEPZA, la BHTPA et le NGO Affairs Bureau dans leurs secteurs.[1] [3]

Dans quel délai faut-il le demander ?

Dans les 15 jours ouvrables suivant la première entrée.[3]

Combien de temps dure un permis de travail au Bangladesh ?

Un an, prolongeable jusqu'à cinq ans selon les règles héritées de la BIDA.[6]

L'autorisation de sécurité est-elle obligatoire ?

Oui. Un dépôt tardif rend le permis caduc.[7]

Le Labour Act protège-t-il les étrangers ?

Oui, sauf ceux investis par écrit de fonctions de direction ou de supervision.[8]

Une clause de non-concurrence est-elle valable ?

Après le contrat, elle est très fragile au regard de l'article 27 du Contract Act 1872.[10]

Quand devient-on résident fiscal ?

Après 183 jours dans l'année fiscale, ou 90 jours après 365 jours sur quatre ans.[11]

Quelle part du salaire peut partir en France ?

80 % du net en cours d'année, le solde après imposition.[13]

Faut-il un quitus fiscal pour partir ?

En principe oui, pour une personne non domiciliée.[11]

Registre des sources

Sources juridiques et réglementaires primaires

Documents vérifiés le 24 octobre 2026. Vérifiez le texte officiel en vigueur avant de vous fonder sur une disposition.

  1. Invest Bangladesh Act 2026 (Act No. 104 of 2026) — Laws of Bangladesh
  2. Invest Bangladesh, 23 August 2026 — Invest Bangladesh begins journey as apex investment promotion agency
  3. Ministry of Home Affairs — Visa Policy 2026 (published August 2026)
  4. BIDA — Work permit (new): documents, fee and service time
  5. BIDA — Restrictions and ratios for employing foreign workers
  6. BIDA — Duration of a work permit
  7. Invest Bangladesh, 30 September 2025 — Security clearance for work permits now fully digital
  8. Bangladesh Labour Act 2006 (Act No. 42 of 2006) — Laws of Bangladesh
  9. Bangladesh Labour (Amendment) Act 2026 (Act No. 43 of 2026) — Bangladesh Code mirror
  10. Contract Act 1872, section 27 — Laws of Bangladesh
  11. Income Tax Act 2023, authentic English text — National Board of Revenue
  12. PwC Worldwide Tax Summaries — Bangladesh: Taxes on personal income
  13. Bangladesh Bank, FEPD-1 Circular No. 40 (30 September 2026) — outward current account remittances
  14. National Board of Revenue — Double Taxation Avoidance Agreements

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