TRW Insight / Bangladesh
Dividendes et bénéfices de succursale sortent sans autorisation préalable, et les cessions d'actions bénéficient depuis mars 2026 d'un régime assoupli. Liquidation et vente immobilière exigent encore l'accord de Bangladesh Bank, et le taux conventionnel suppose un certificat du NBR.
Rapatriement des bénéfices au Bangladesh : les règles de 2026
Le rapatriement des bénéfices au Bangladesh est la question que tout investisseur francophone pose avant même de créer sa filiale : comment remonter les dividendes, facturer les services du groupe, percevoir les redevances et, un jour, récupérer le prix de cession ? La réponse tient en une règle : tout paiement vers l'étranger est interdit sauf permission, et cette permission figure dans les circulaires de Bangladesh Bank, que les banques agréées appliquent au quotidien.
Ce guide expose les règles en vigueur au 24 octobre 2026 : la loi de 1947, les circulaires consolidées de 2026, le régime assoupli des cessions d'actions de mars 2026, les prêts intragroupe, la fiscalité à la source et les conventions fiscales avec la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Il signale aussi les situations qui exigent encore une autorisation préalable.

Résumé : Les dividendes et les bénéfices de succursale sortent sans autorisation préalable de Bangladesh Bank, par une banque agréée, sur comptes audités et justificatifs fiscaux. Depuis le 8 mars 2026, le prix de cession d'actions non cotées est rapatriable sans approbation jusqu'à 1 milliard de takas sur évaluation indépendante. Le produit d'une liquidation ou d'une vente immobilière exige toujours une autorisation. Le taux réduit d'une convention fiscale ne s'applique qu'avec un certificat du NBR.
Point clé : Le droit au rapatriement se prépare à l'entrée. Une émission d'actions faite avant l'arrivée des fonds, ou non déclarée à Bangladesh Bank dans les 14 jours, peut bloquer un dividende ou une cession des années plus tard. La piste documentaire du capital est la première condition de toute sortie.
En bref
Dividendes
Versés par une banque agréée unique, sans autorisation préalable, sur bénéfices après pertes et impôts.
Services du groupe
Sans approbation jusqu'à 10 % du bénéfice net annuel pour une filiale détenue à plus de 50 %.
Redevances
Montant fixé par Invest Bangladesh au titre de l'article 27 ; seuil de 6 % en zones.
Cession d'actions
Sans approbation à l'actif net, jusqu'à 10 millions de takas sur déclaration conjointe ou 1 milliard sur évaluation.
Fiscalité
Retenue de 20 % sur les dividendes aux non-résidents, réduite par convention avec certificat du NBR.
Sommaire
Le cadre juridique du rapatriement des bénéfices au Bangladesh
Le Foreign Exchange Regulation Act 1947 interdit, en son article 5, tout paiement à un non-résident qui n'est pas autorisé. Bangladesh Bank délivre les autorisations par des circulaires adressées aux banques agréées en vertu de l'article 20(3), et l'article 23 punit les infractions d'une peine pouvant atteindre sept ans d'emprisonnement, d'une amende et de la confiscation.[1]
Les Guidelines for Foreign Exchange Transactions 2018 restent le texte de base.[2] Depuis 2025, les règles opérationnelles ont été consolidées dans des circulaires annuelles ; pour les sorties de fonds hors importations, la référence est le FEPD-1 Circular No. 40 du 30 septembre 2026.[3] Toute demande passe par la banque agréée, jamais directement auprès de Bangladesh Bank, et une approbation est valable en général 45 jours.[3]
La garantie de la loi de 1980
L'article 8 du Foreign Private Investment (Promotion and Protection) Act 1980 garantit le transfert des capitaux, des revenus et du produit de liquidation, mais sous réserve des mesures prises en cas de difficultés financières exceptionnelles.[12] Le gouvernement américain relève que le rapatriement des bénéfices a été ralenti à partir de 2022 environ, avant un assouplissement.[14] La garantie existe, mais le calendrier dépend de la liquidité en devises et de la qualité du dossier.
Les dividendes
La banque agréée peut verser des dividendes aux actionnaires non résidents sans autorisation préalable. La société dépose la demande auprès d'une seule banque désignée, notifiée à l'avance au Foreign Exchange Investment Department, avec les comptes audités, la délibération du conseil certifiée par l'auditeur, la liste des actionnaires et la preuve de la retenue à la source.[3]
Le dividende doit provenir des bénéfices normaux de l'activité ou de réserves distribuables, après imputation des pertes et de l'impôt, et la société s'engage à rapatrier tout montant indûment versé.[3] Une filiale en perte reportée ne peut donc pas distribuer, quel que soit l'intérêt du groupe à Paris ou à Bruxelles.
Les bénéfices de succursale
Une succursale transfère ses bénéfices après impôt sur comptes audités et justificatifs fiscaux, Bangladesh Bank exerçant un contrôle a posteriori.[3] Un bureau de liaison, qui ne peut percevoir de revenus locaux, n'a par définition aucun bénéfice à rapatrier.

Services intragroupe, redevances et salaires
Le rapatriement des bénéfices au Bangladesh ne passe pas seulement par le dividende. Selon la circulaire n° 40, une filiale détenue à plus de 50 % par l'étranger peut payer sa maison mère, sans approbation, pour des services non disponibles localement, à un prix concurrentiel et dans la limite de 10 % de son bénéfice net annuel.[3] Au-delà, la demande remonte à Bangladesh Bank par la banque.
Les redevances obéissent à une règle propre. L'article 27 de l'Invest Bangladesh Act 2026 impose à une entreprise industrielle qui verse une redevance, des frais de savoir-faire, d'assistance technique ou de franchise à l'étranger de demander à Invest Bangladesh d'en fixer le montant ; seul le montant fixé est payable.[13] Dans les zones franches d'exportation et les parcs technologiques, les redevances jusqu'à 6 % du coût des machines, ou des ventes de l'année précédente, sont transférables sans approbation.[3]
Les salariés expatriés peuvent transférer jusqu'à 80 % de leur revenu net en cours d'année, le solde après liquidation de l'impôt.[3] Les contrats de licence d'une marque française ou d'une technologie suisse doivent donc être rédigés pour pouvoir être approuvés, et non simplement signés.
Céder ses actions et rapatrier le prix
La circulaire FEID n° 01 du 8 mars 2026 régit les cessions d'actions de sociétés non cotées et remplace les règles antérieures.[4] Lorsqu'un non-résident cède à un résident, la banque agréée peut rapatrier le prix sans approbation de Bangladesh Bank dans trois cas :
- le prix n'excède pas l'actif net ressortant des derniers comptes audités ;
- le prix ne dépasse pas 10 millions de takas et s'appuie sur une déclaration conjointe de l'acheteur et du vendeur ;
- le prix ne dépasse pas 1 milliard de takas et repose sur une juste valeur fixée par un évaluateur indépendant.
L'opération doit être réalisée dans les 45 jours de l'accord, la banque doit transférer dans les cinq jours ouvrés d'un dossier complet, et la déclaration a posteriori intervient dans les 14 jours.[4] Les évaluateurs admis sont les banques d'affaires agréées par la BSEC et les cabinets d'expertise comptable habilités à auditer les banques et sociétés cotées. Invest Bangladesh a présenté cette réforme comme une simplification majeure pour les investisseurs étrangers.[8]
Le portail de Bangladesh Bank affiche encore un ancien plafond ; citez la circulaire, et non le portail, dans vos contrats.[7] Notre guide sur la cession d'actions au Bangladesh détaille la documentation.

Ce qui exige toujours une autorisation
Trois sorties restent soumises à l'accord préalable. Le produit d'une liquidation exige l'autorisation du Foreign Exchange Investment Department, une fois toutes les dettes réglées ; une réduction de capital suppose une confirmation judiciaire puis une autorisation.[7] Le produit de la vente d'un bien immobilier exige l'accord de Bangladesh Bank avant tout transfert.[3]
C'est pourquoi la cession des actions d'une société propriétaire est souvent une sortie plus simple que la vente de l'immeuble lui-même. Pour un investisseur qui prépare le rapatriement des bénéfices au Bangladesh et la sortie finale, la structure doit être pensée dès l'entrée.
Financer par prêt intragroupe et rembourser
La circulaire FEID n° 03 du 15 juillet 2026 assouplit les emprunts des sociétés industrielles détenues à 100 % par des étrangers auprès de leur maison mère, de sociétés affiliées ou d'actionnaires. Selon les informations publiées, le coût global d'un prêt portant intérêt est plafonné à 3 % par an, les prêts à court terme sans intérêt hors zones ne nécessitent pas d'approbation préalable, et des plafonds s'appliquent selon la durée ; les encours peuvent être convertis en capital.[5] Vérifiez dans la circulaire les conditions propres à chaque catégorie.
Une fois le prêt approuvé, la banque par laquelle il a été reçu peut transférer intérêts, principal et frais, après impôt, sans nouvelle référence à Bangladesh Bank.[6] Les autres emprunts étrangers à moyen et long terme restent soumis à l'autorisation préalable d'Invest Bangladesh.[6] Notre analyse des prêts étrangers aux sociétés bangladaises compare prêt et apport en capital.
Fiscalité à la source et conventions fiscales
Le rapatriement des bénéfices au Bangladesh se fait toujours net d'impôt. Les commentaires publiés sur le Finance Act 2026 retiennent une retenue de 20 % sur les dividendes versés à une société non résidente, au titre de l'article 119 de l'Income Tax Act 2023.[9] Le taux conventionnel ne s'applique qu'avec un certificat du NBR délivré en vertu de l'article 119(2), dans les 30 jours d'une demande complète.[10]
Le National Board of Revenue publie des conventions de non-double imposition avec la France, la Belgique, la Suisse et le Canada, ainsi qu'avec le Maroc et Maurice.[11] Déposez la demande de certificat avant chaque distribution : un dividende versé au taux interne est difficile à récupérer. Les plus-values sur actions sont imposées à 15 % pour les sociétés, et un vendeur non résident est imposable sauf disposition conventionnelle contraire ; la cession ne peut être inscrite avant le paiement de l'impôt.[10]
Notre équipe banque et finance prépare ces dossiers avec notre pratique conventions fiscales.
| Paiement | Règle | Texte |
|---|---|---|
| Dividendes | Transfert par la banque agréée sans autorisation préalable | FEPD-1 Circular No. 40 |
| Bénéfices de succursale | Transfert sur comptes audités ; contrôle a posteriori | FEPD-1 Circular No. 40 |
| Services de la maison mère | Sans approbation jusqu'à 10 % du bénéfice net si filiale à plus de 50 % | FEPD-1 Circular No. 40 |
| Redevances et frais techniques | Montant fixé par Invest Bangladesh ; 6 % en zones sans approbation | Invest Bangladesh Act, art. 27 |
| Cession d'actions à un résident | Sans approbation à l'actif net, jusqu'à 10 millions ou 1 milliard de takas | FEID Circular No. 01 |
| Prêt de la maison mère | Coût global plafonné à 3 % ; plafonds selon la durée | FEID Circular No. 03 |
| Vente immobilière | Accord de Bangladesh Bank | FEPD-1 Circular No. 40 |
| Liquidation | Autorisation préalable | Bangladesh Bank, FEID |

Rapatriement des bénéfices au Bangladesh : la méthode
La plupart des blocages du rapatriement des bénéfices au Bangladesh se préviennent par une revue courte avant que l'argent ne bouge.
Qualifier le paiement
Déterminer s'il s'agit d'un dividende, d'un service, d'une redevance, d'un remboursement de prêt ou d'un prix de cession.
Vérifier la piste du capital
Contrôler l'arrivée des fonds, l'émission des actions et la déclaration à 14 jours.
Identifier la circulaire
Retrouver la circulaire en vigueur et ses conditions, en tenant compte de sa durée d'un an.
Obtenir le certificat fiscal
Demander au NBR le certificat de taux conventionnel avant le paiement.
Constituer le dossier
Réunir comptes audités, délibérations, attestations fiscales et, le cas échéant, évaluation.
Déposer auprès de la banque
Présenter la demande à la banque agréée désignée et suivre le délai de transfert.
Conserver les preuves
Archiver les justificatifs pour les contrôles de Bangladesh Bank et les futures sorties.
Les erreurs à éviter
- Croire qu'un contrat signé autorise le paiement : seule la circulaire l'autorise.
- Qualifier de paiement courant ce qui relève du capital, comme un remboursement de prêt ou un prix de cession.
- Distribuer malgré des pertes reportées.
- Oublier le certificat du NBR avant un dividende vers la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
- Se fier à une circulaire expirée : les textes consolidés ne valent qu'un an.
Questions fréquentes
Le rapatriement des bénéfices au Bangladesh exige-t-il une autorisation ?
Pas pour les dividendes. La banque agréée désignée les verse sans autorisation préalable de Bangladesh Bank, sur comptes audités, délibération certifiée et preuve de la retenue à la source.[3]
Une succursale peut-elle rapatrier ses bénéfices ?
Oui, après impôt, sur comptes audités et justificatifs fiscaux, sous contrôle a posteriori de Bangladesh Bank.[3]
Peut-on facturer des services de la maison mère sans approbation ?
Oui, pour une filiale détenue à plus de 50 %, si les services ne sont pas disponibles localement, à un prix concurrentiel et dans la limite de 10 % du bénéfice net annuel.[3]
Comment payer des redevances à la maison mère ?
Quel montant de cession peut être rapatrié sans approbation ?
Tout montant égal ou inférieur à l'actif net, jusqu'à 10 millions de takas sur déclaration conjointe ou jusqu'à 1 milliard de takas sur évaluation indépendante.[4]
Le produit d'une liquidation est-il librement transférable ?
Non. Il exige l'autorisation préalable du Foreign Exchange Investment Department après règlement de toutes les dettes.[7]
Quel est le taux de retenue sur les dividendes ?
Existe-t-il une convention fiscale entre la France et le Bangladesh ?
Oui. Le NBR publie des conventions avec la France, la Belgique, la Suisse et le Canada, ainsi qu'avec le Maroc et Maurice.[11]
Un prêt de la maison mère peut-il être remboursé librement ?
Quelles sanctions en cas d'infraction au contrôle des changes ?
Jusqu'à sept ans d'emprisonnement, une amende, ou les deux, ainsi que la confiscation des biens en cause, en vertu de l'article 23 de la loi de 1947.[1]
Registre des sources
Sources juridiques et réglementaires primaires
Documents vérifiés le 24 octobre 2026. Vérifiez le texte officiel en vigueur avant de vous fonder sur une disposition.
- Foreign Exchange Regulation Act 1947 (Act No. VII of 1947) — Laws of Bangladesh
- Bangladesh Bank — Guidelines for Foreign Exchange Transactions 2018 (BEPZA copy)
- Bangladesh Bank FEPD-1 Circular No. 40 (30 September 2026) — Outward current account remittances
- Bangladesh Bank FEID Circular No. 01 (8 March 2026) — Share transfers and repatriation of sale proceeds
- Bangladesh Bank FEID Circular No. 03 (15 July 2026) — Borrowing from parents, affiliates and shareholders
- Bangladesh Bank FEPD-1 Circular No. 32 (2 September 2026) — Loans, overdrafts, guarantees and external borrowings
- Bangladesh Bank, Foreign Exchange Investment Department — Foreign direct investment
- Invest Bangladesh, 9 March 2026 — Bangladesh Bank simplifies share transfer repatriation for foreign investors
- NBR — Finance Act 2026
- NBR — Income Tax Act 2023
- National Board of Revenue — Double Taxation Avoidance Agreements
- Foreign Private Investment (Promotion and Protection) Act 1980 — text via ICNL
- Invest Bangladesh Act 2026 (Act No. 104 of 2026) — Laws of Bangladesh
- US Department of State — 2025 Investment Climate Statements: Bangladesh
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