TRW Insight / Bangladesh
Investisseurs français, belges, suisses et canadiens prospectent avec un visa d'affaires ou un visa à l'arrivée, puis s'installent avec un visa PI. La politique des visas de 2026 et la création d'Invest Bangladesh ont redessiné ce parcours.
Visa investisseur au Bangladesh : le parcours d'un investisseur francophone en 2026
Le visa investisseur au Bangladesh, la catégorie PI (« private investor ») de la politique des visas de 2026, est le titre dont a besoin un étranger qui investit dans une entreprise industrielle ou commerciale, la détient et la dirige, qu'elle soit à capitaux entièrement étrangers ou en coentreprise avec un partenaire local. Ce n'est pas un programme de résidence contre investissement assorti d'un prix : c'est un visa fondé sur l'objet du séjour, qui repose sur une recommandation de l'autorité d'investissement et sur la preuve que les fonds sont effectivement arrivés.
Ce guide, à jour au 24 octobre 2026, suit le parcours type d'un investisseur français, belge, suisse, canadien ou africain francophone : prospection avec un visa d'affaires ou un visa à l'arrivée, recommandation d'Invest Bangladesh, visa PI, permis de travail, statut NVR pour les investissements importants, visas des membres de la famille, et règles de légalisation des documents propres à chaque pays.

Résumé : L'investisseur étranger obtient un visa PI sur recommandation d'Invest Bangladesh, de la BEPZA, de l'autorité des parcs technologiques ou du ministère concerné. Le visa est délivré pour un an au plus, à entrées multiples, et prolongeable jusqu'à cinq ans ou la durée du permis de travail. Un investissement certifié d'au moins 100 000 dollars ouvre droit à la mention NVR, et la famille suit avec un visa FPI. La prospection se fait avec un visa d'affaires B, qui interdit tout emploi.
Point clé : Une catégorie de visa ne peut pas être changée après l'entrée au Bangladesh, sauf pour un visa à l'arrivée. Un investisseur arrivé avec un visa d'affaires ou de tourisme ne peut donc pas passer au visa PI sur place : il doit repartir et déposer une nouvelle demande auprès d'une ambassade.
En bref
Catégorie PI
Investisseur dans une entreprise industrielle ou commerciale à capitaux étrangers ou en coentreprise privée.
Recommandation
Lettre d'Invest Bangladesh, successeur de la BIDA, de la BEZA et de l'autorité des PPP.
Durée
Un an à entrées multiples, prolongeable jusqu'à cinq ans ou la durée du permis de travail.
NVR
Pour 100 000 dollars investis dans l'industrie lourde ou une activité de long terme, valable autant que le passeport.
Famille
Conjoint et enfants reçoivent un visa FPI de même durée, sans droit de travailler.
Sommaire
Visa investisseur au Bangladesh : le cadre de 2026
Le Conseil des ministres a approuvé le projet de politique des visas de 2026 le 10 août 2026, pour remplacer la politique de 2006.[2] Le texte publié par le ministère de l'Intérieur en août 2026 compte 34 catégories, abroge les circulaires antérieures, maintient la validité des visas déjà délivrés jusqu'à leur expiration et entre en vigueur immédiatement.[1]
Le visa relève du ministère de l'Intérieur, mais c'est l'autorité d'investissement qui en ouvre l'accès. La loi Invest Bangladesh de 2026 (loi n° 104 de 2026) a créé une autorité unique.[3] Invest Bangladesh a commencé ses activités le 23 août 2026 en succédant à la BIDA, à la BEZA et à l'autorité des partenariats public-privé, et a indiqué que les services aux investisseurs continuaient.[4] La politique des visas, rédigée avant la fusion, mentionne encore la BIDA et la BEZA : ces renvois visent désormais Invest Bangladesh.
Prospecter : visa d'affaires ou visa à l'arrivée
Le visa d'affaires B sert à étudier un projet d'investissement, assister à des conseils d'administration ou assemblées, recruter, participer à un salon, contrôler la qualité de produits bangladais ou négocier. Il est délivré pour un an au plus, à entrées multiples avec 90 jours par séjour, prolongeable jusqu'à deux ans, et interdit tout emploi sous peine d'annulation.[1] C'est le visa naturel des acheteurs textile et des investisseurs en phase d'étude.
Le visa à l'arrivée pour les ressortissants européens et canadiens
La politique des visas accorde un visa à l'arrivée de 30 jours, à entrée unique, aux ressortissants du Royaume-Uni et des « autres pays européens », du Canada et d'une série d'autres États qui viennent pour le tourisme ou les affaires. Français, Belges, Suisses, Luxembourgeois et Canadiens en bénéficient donc, à condition de présenter réservation d'hôtel, billet retour et justificatif de ressources.[1]
Le même visa à l'arrivée est ouvert aux investisseurs invités par le gouvernement ou par l'autorité d'investissement, et aux ressortissants des pays où le Bangladesh n'a pas de représentation diplomatique, ce qui peut concerner des investisseurs d'Afrique francophone : vérifiez la représentation compétente pour votre pays.[1] Ce visa a un avantage décisif : c'est le seul qui puisse être converti sur place, notamment en visa PI ou FPI.
Qui peut obtenir un visa investisseur au Bangladesh
La catégorie PI vise l'investisseur étranger dans un établissement industriel ou commercial à capitaux étrangers ou en coentreprise dans le secteur privé.[1] La BIDA la présentait de la même manière, pour les sociétés détenues à 100 % par des étrangers comme pour les coentreprises.[7] Le visa n'est pas réservé à l'industrie : une société de négoce, de services ou de technologie peut en bénéficier. Ce qui compte, c'est que le demandeur soit l'investisseur, en général actionnaire de la société bangladaise, et non un salarié.
Un directeur ou un ingénieur sans participation relève des visas d'emploi E2 ou E3, qui ont leur propre recommandation.[6] Les agents des partenaires au développement, comme l'AFD lorsqu'elle intervient sur un projet public, relèvent quant à eux du visa E1.[1]
Les montants qui comptent réellement
La politique des visas ne fixe aucun investissement minimal pour le visa PI : elle exige une recommandation attestant que le demandeur est un investisseur de bonne foi.[1] En pratique, la liste des pièces de la recommandation comprend un certificat d'encaissement attestant un transfert d'au moins 50 000 dollars au titre des frais d'établissement, pour les coentreprises et les sociétés à capitaux entièrement étrangers.[5] Le seuil de 100 000 dollars ne concerne que la mention NVR.
Les fonds doivent arriver par le circuit bancaire. Avant la constitution, l'investisseur peut ouvrir un compte temporaire en takas non-résident au nom de la société en formation ; les actions ne sont émises qu'après réception du transfert, que la banque déclare à la Bangladesh Bank.[10] Des espèces remises à un partenaire local ne constituent aucune preuve utilisable. Voir aussi notre outil Doing business in Bangladesh.

La recommandation d'Invest Bangladesh
La recommandation est le cœur du dossier de visa investisseur au Bangladesh. L'autorité compétente dépend de l'implantation : Invest Bangladesh pour les sociétés enregistrées auprès de l'ancienne BIDA, les anciennes zones économiques et les projets en PPP ; la BEPZA pour les zones franches d'exportation, qui n'ont pas été fusionnées ; la BHTPA pour les parcs technologiques ; le ministère concerné pour les secteurs réglementés.[1] [4]
La demande se fait en ligne sur le portail du guichet unique, avec des pièces certifiées par le dirigeant de la société.[6] La BIDA n'appliquait aucun frais et annonçait un délai de 24 heures pour un dossier complet.[5] Le dossier comprend :
- les statuts et le certificat d'immatriculation, avec l'enregistrement du projet et la licence commerciale ;
- une résolution du conseil désignant l'investisseur, avec sa nationalité, son numéro de passeport et le secteur ;
- la copie du passeport avec les tampons d'entrée et de sortie ;
- la liste du personnel local et étranger ;
- le certificat d'encaissement d'au moins 50 000 dollars et le quitus fiscal de la société.[5]
Documents français et belges : légalisation obligatoire
Le Bangladesh applique la Convention Apostille depuis le 30 mars 2025, mais douze États ont formulé une objection à son adhésion, dont la France et la Belgique. Entre ces pays et le Bangladesh, la Convention ne s'applique pas.[11] [12] Les statuts d'une société mère française, un extrait Kbis ou une procuration doivent donc être légalisés par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, puis par l'ambassade du Bangladesh à Paris.[13]
La Suisse, le Canada et le Maroc, parties à la Convention, ne figurent pas parmi les États qui ont objecté : leurs documents publics n'ont besoin que d'une apostille.[11] L'acceptation des apostilles reste inégale selon les administrations ; demandez toujours à l'organisme destinataire ce qu'il exige. Notre outil apostille et légalisation détaille la procédure pays par pays.
Demander le visa PI et le convertir sur place
La plupart des investisseurs déposent leur demande avant le départ. Les pièces exigées pour un premier visa sont brèves : formulaire, passeport avec copie de la page d'identité et recommandation attestant un investisseur de bonne foi.[1] Le passeport original est remis au service des visas, le visa est lisible par machine, et les frais suivent la réciprocité et ne sont pas remboursés en cas de refus.[1]
Conversion d'un visa à l'arrivée
La conversion d'un visa à l'arrivée en visa PI exige une lettre de recommandation adressée au ministère de l'Intérieur par l'autorité d'investissement, et des frais de 200 dollars s'appliquent à ceux qui prennent un emploi.[1] Elle convient à l'investisseur qui doit être à Dhaka pour la constitution de la société et l'ouverture du compte. Elle est risquée si le certificat d'encaissement et la recommandation ne peuvent être obtenus dans les 30 jours, car le séjour irrégulier est sanctionné.

Permis de travail, autorisation de sécurité et prolongation
Le visa PI autorise la présence de l'investisseur, pas son emploi. S'il dirige sa société, il lui faut un permis de travail, demandé dans les 15 jours ouvrables suivant la première entrée, comme l'indique la mention apposée sur le passeport.[1] Le barème hérité de la BIDA fixe les frais à 5 000 takas par personne et par an.[8] Depuis le 1er octobre 2025, l'autorisation de sécurité se demande en ligne ; le permis devient caduc si elle n'est pas demandée à temps.[9] Voir notre guide du visa de travail au Bangladesh.
Le visa investisseur au Bangladesh se prolonge jusqu'à cinq ans ou la durée du permis de travail. La demande se fait au moins 15 jours avant l'échéance, avec des certificats de l'autorité attestant la continuité de l'investissement, le certificat d'immatriculation et l'attestation fiscale de la société, le permis de travail le cas échéant et une autorisation de sécurité.[1] Une société qui a cessé de déclarer ses impôts ne peut obtenir le certificat de continuité : le visa ne sera pas prolongé.
Le statut NVR et le visa FPI de la famille
Les investisseurs étrangers bénéficient de la mention NVR (« No Visa Required ») pour un investissement de 100 000 dollars dans l'industrie lourde ou une activité de long terme, sur certificat de l'autorité d'investissement.[1] La mention vaut autant que le passeport, coûte 80 dollars et doit être lisible par machine. Elle dispense de visa pour chaque séjour, mais ne remplace pas le permis de travail.[1]
Le conjoint, les enfants, les enfants adoptés et les autres membres de la famille à charge reçoivent un visa FPI dont la durée suit celle du titulaire du visa PI. Ils ne peuvent pas travailler, sous peine d'annulation.[1] Un conjoint qui veut exercer un emploi a besoin de son propre visa d'emploi et de son propre permis.
Protéger l'investissement lui-même
Au-delà du visa, l'investisseur français, belge, luxembourgeois ou suisse dispose d'un traité bilatéral d'investissement avec le Bangladesh : avec la France (signé en 1985, en vigueur depuis 2001), l'Union économique belgo-luxembourgeoise (en vigueur depuis 1987) et la Suisse (en vigueur depuis 2001).[14] Aucun traité de ce type n'est recensé avec le Canada.

Obtenir un visa investisseur au Bangladesh : la marche à suivre
L'ordre des étapes compte davantage que chaque pièce prise isolément. Voici la séquence que nous suivons pour une société nouvelle.
Prospecter
Entrez avec un visa d'affaires B ou un visa à l'arrivée pour étudier le marché, rencontrer partenaires et banques et choisir le lieu d'implantation.
Préparer les documents
Faites légaliser (France, Belgique) ou apostiller (Suisse, Canada) les documents de la société mère et les procurations.
Constituer la société
Immatriculez la société au RJSC et ouvrez le compte temporaire non-résident destiné à recevoir le capital.
Transférer les fonds
Faites arriver au moins 50 000 dollars par le circuit bancaire et obtenez le certificat d'encaissement.
Obtenir la recommandation
Déposez en ligne la demande de recommandation PI auprès d'Invest Bangladesh, de la BEPZA ou de la BHTPA.
Demander le visa PI
Déposez la demande à l'ambassade compétente, ou convertissez un visa à l'arrivée avec une recommandation adressée au ministère de l'Intérieur.
Permis et sécurité
Si vous dirigez la société, demandez le permis de travail dans les 15 jours ouvrables puis l'autorisation de sécurité en ligne.
Prolonger ou passer au NVR
Prolongez au moins 15 jours avant l'échéance avec le certificat de continuité, ou demandez la mention NVR à partir de 100 000 dollars.
Le tableau ci-dessous compare les statuts qu'un investisseur et sa famille utiliseront le plus souvent. Sur téléphone, faites-le défiler.
| Statut | Objet | Durée | Travail autorisé | Point clé |
|---|---|---|---|---|
| Visa B | Prospection, réunions, salons, négociation | 1 an, 90 jours par séjour, jusqu'à 2 ans | Non | Non convertible sur place |
| Visa à l'arrivée | Tourisme ou affaires, investisseur invité | 30 jours, entrée unique | Non | Seul visa convertible en PI |
| Visa PI | Investisseur dans une entreprise privée | 1 an, jusqu'à 5 ans | Avec permis de travail | Recommandation obligatoire |
| Mention NVR | Investisseur certifié 100 000 dollars | Durée du passeport | Avec permis de travail | Frais de 80 dollars |
| Visa FPI | Famille du titulaire PI | Comme le visa PI | Non | Dépend du visa principal |
Sanctions et erreurs critiques à éviter
Si un étranger venu pour investir, travailler ou faire des affaires dissimule une information ou viole une condition de son visa, l'organisme qui le parraine, souvent sa propre société, paie 100 000 takas par personne, puis 200 000 takas en cas de récidive.[1] Le séjour irrégulier coûte 1 000 takas par jour les 15 premiers jours, 2 000 takas jusqu'à 90 jours, puis 3 000 takas, avec un risque de poursuites au titre du Foreigners Act 1946.[1]
- Arriver avec un visa d'affaires en comptant le convertir sur place.
- Envoyer les fonds hors du circuit bancaire.
- Diriger la société sans permis de travail ou oublier l'autorisation de sécurité.
- Apostiller un document français au lieu de le faire légaliser.
Notre pratique immigration et visas au Bangladesh traite ces dossiers en même temps que l'investissement, avec notre équipe d'implantation des sociétés étrangères.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le visa PI ?
La catégorie « private investor » de la politique des visas de 2026, pour l'investisseur dans une entreprise à capitaux étrangers ou en coentreprise privée.[1]
Existe-t-il un investissement minimal ?
Qui délivre la recommandation depuis la fusion de la BIDA ?
Invest Bangladesh, sauf pour les zones franches (BEPZA) et les parcs technologiques (BHTPA).[4]
Un Français peut-il obtenir un visa à l'arrivée ?
Oui, pour le tourisme ou les affaires : 30 jours, entrée unique, comme les autres ressortissants européens et les Canadiens.[1]
Peut-on convertir un visa d'affaires en visa PI sur place ?
Non. Seul le visa à l'arrivée peut être converti après l'entrée.[1]
Combien de temps dure le visa investisseur au Bangladesh ?
Un an à entrées multiples, prolongeable jusqu'à cinq ans ou la durée du permis de travail.[1]
L'investisseur a-t-il besoin d'un permis de travail ?
Les documents français peuvent-ils être apostillés ?
Non. La France a objecté à l'adhésion du Bangladesh : ses documents doivent être légalisés.[12]
La famille peut-elle accompagner l'investisseur ?
Oui, avec un visa FPI de même durée, sans droit de travailler.[1]
Existe-t-il une résidence permanente par investissement ?
Aucune des 34 catégories n'est une résidence permanente ; les investisseurs de long terme s'appuient sur le visa PI renouvelé ou la mention NVR.[1]
Registre des sources
Sources juridiques et réglementaires primaires
Documents vérifiés le 24 octobre 2026. Vérifiez le texte officiel en vigueur avant de vous fonder sur une disposition.
- Ministry of Home Affairs — Visa Policy 2026 (published August 2026)
- The Business Standard, 10 August 2026 — Cabinet clears drafts of human rights act, new visa policy
- Invest Bangladesh Act 2026 (Act No. 104 of 2026) — Laws of Bangladesh
- Invest Bangladesh, August 2026 — Invest Bangladesh begins journey as apex investment promotion agency
- BIDA — PI visa recommendation: documents, fee and service time
- BIDA — Procedure for getting a visa recommendation
- BIDA — Visa types available to foreigners working or investing in Bangladesh
- BIDA — Work permit (new): documents, fee and service time
- Invest Bangladesh, 30 September 2025 — Security clearance for work permits now fully digital
- Bangladesh Bank, Foreign Exchange Investment Department — Foreign Direct Investment
- HCCH — Apostille Convention status table
- HCCH — Objections to the accession of Bangladesh (Article 12)
- Embassy of the People's Republic of Bangladesh, Paris
- UNCTAD Investment Policy Hub — Bangladesh: bilateral investment treaties
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