TRW Insight / Bangladesh
Vendre des machines au Bangladesh ou y faire fabriquer des vêtements, c'est dépendre de sa douane. Le Customs Act 2023, les réformes de 2026 et des délais de recours stricts déterminent coûts, délais et risques pour les entreprises francophones.
Droits de douane au Bangladesh : le cadre légal en 2026
Les droits de douane au Bangladesh relèvent depuis 2023 d'une nouvelle loi, le Customs Act 2023 (loi n° 57 de 2023), qui a abrogé le Customs Act 1969 dès son entrée en vigueur.[1] Pour un équipementier français qui expédie des machines à Chattogram, un exportateur belge de produits chimiques, un industriel suisse qui fournit une usine ou un acheteur québécois qui fait fabriquer à Dhaka, la loi fixe la valeur taxable, les délais de paiement, le contrôle a posteriori et les recours.
Ce guide décrit la composition de la facture douanière, la valeur en douane, la date qui fixe le taux, les décisions anticipées de classement, le statut d'opérateur économique agréé, les entrepôts sous douane et les zones franches créées en 2026, les sanctions, la résolution amiable des litiges de valeur, les voies de recours et, côté export, ce que la sortie du Bangladesh de la catégorie des pays les moins avancés change pour les acheteurs européens.

Résumé : Le Customs Act 2023 régit le dédouanement des importations et des exportations au Bangladesh. Il consacre le statut d'opérateur économique agréé, l'audit après mainlevée, les décisions anticipées, le guichet unique électronique et une procédure amiable pour les litiges de valeur. La facture à l'import cumule droit de douane, droit régulateur, droit supplémentaire, TVA, avance d'impôt et avance de taxe. Une réclamation de droits doit en principe intervenir dans les trois ans, sans limite en cas de fausse déclaration. Le recours de premier niveau doit être formé dans les trois mois.
Point clé : Il n'existe aucun délai de prescription pour une réclamation fondée sur une déclaration ou un document faux, alors que les autres réclamations doivent être émises dans les trois ans de la mainlevée. Documentez la valeur, le classement et l'origine de chaque envoi comme s'ils devaient être examinés des années plus tard.[1]
En bref
Nouvelle loi
Le Customs Act 2023 a remplacé la loi de 1969, avec des dispositions transitoires pour les affaires en cours.
Texte anglais officiel
Publié par SRO n° 441-Law/2025 du 9 novembre 2025 ; le texte bengali prévaut en cas de divergence.
Opérateur agréé
Formalités simplifiées et paiement différé jusqu'à 14 jours contre garantie.
Recours
Trois mois devant le Commissioner (Appeal), 90 jours devant le Tribunal, puis la Haute Cour.
2026
Zones franches, statut d'opérateur agréé assoupli et réformes de la valeur en douane.
Sommaire
Droits de douane au Bangladesh : le cadre légal en 2026
Le Customs Act 2023 a été rédigé en bengali. Son texte anglais faisant foi a été publié par SRO n° 441-Law/2025 du 9 novembre 2025 et intègre déjà les modifications du Finance Act 2024 et de la Finance Ordinance 2025 ; le bengali prévaut en cas de divergence.[1] La loi prime sur les autres textes, et son article 252 interdit toute action civile contre une décision d'imposition ou de recouvrement : les litiges suivent la voie de recours prévue par la loi, non les juridictions civiles ordinaires.[1]
Transition depuis la loi de 1969
Les actes accomplis sous l'ancienne loi sont réputés accomplis sous la nouvelle, les créances restent recouvrables et les règlements et notifications antérieurs restent en vigueur jusqu'à leur remplacement. Toute référence à la loi de 1969 dans un contrat, une licence ou une lettre de crédit se lit comme une référence à la loi de 2023.[1] Les affaires pendantes en vertu de l'ancienne loi sont toutefois jugées comme si elle n'avait pas été abrogée : identifiez d'abord le texte applicable.
Deux ordonnances de fin 2025 modifiant le Customs Act 2023 et l'Income Tax Act 2023 sont devenues caduques le 11 avril 2026, faute d'approbation parlementaire dans le délai ; les modifications ultérieures sont passées par le Finance Act 2026.[11]
Droits de douane au Bangladesh : ce que contient la facture
La charge fiscale à l'importation dépasse largement le droit de douane. Elle combine généralement droit de douane, droit régulateur, droit supplémentaire, TVA, avance d'impôt sur le revenu et avance de taxe. La TVA, l'avance de taxe et l'avance d'impôt sont en principe imputables ou récupérables ; les droits de douane, régulateur et supplémentaire restent un coût pour l'importateur.[2] Les taux réels dépendent de la position du Système harmonisé.
Prenons, à titre d'illustration, une machine d'une valeur en douane de 1 million de Tk, taxée à 15 % de droit de douane et 5 % de droit régulateur : 150 000 Tk et 50 000 Tk de droits, une assiette de TVA de 1,2 million de Tk, 180 000 Tk de TVA à 15 % et une avance de taxe de 90 000 Tk à 7,5 %, ou 24 000 Tk à 2 % pour un intrant de fabrication.[3]
Valeur transactionnelle
L'article 27, substitué par la Finance Ordinance 2025, retient comme valeur le prix effectivement payé ou à payer, dans des conditions de pleine concurrence entre parties indépendantes, évalué selon les Customs Valuation Rules 2000, alignées sur l'Accord de l'OMC.[1] [4] La valeur inclut commissions autres que d'achat, emballages, redevances et paiements indirects liés à la vente ; à défaut, les méthodes de repli s'appliquent dans l'ordre.[2] Les groupes doivent aligner documentation douanière et prix de transfert.
Réformes de la valeur en 2026
Le Finance Act 2026 impose de prendre en compte des rapports internationaux de valeur provenant de sources notifiées, oblige les agents à motiver le rejet de la valeur transactionnelle et ouvre les analyses chimiques à des laboratoires privés certifiés ISO.[5] Le gouvernement peut toujours fixer des valeurs minimales, mais une marchandise déclarée au-dessus est taxée sur la valeur déclarée.[1]

Date du taux, paiement et remboursement
Les droits, la valeur, le classement, l'origine et le taux de change sont fixés à la date d'enregistrement de la déclaration en douane. Le taux de change est une moyenne sur trente jours fixée par la NBR. Une exonération supprimée s'applique même si le contrat ou la lettre de crédit est antérieur : votre contrat doit répartir le risque d'une modification des droits.[1]
Les droits de douane au Bangladesh sont payables dans les dix jours de la notification. Le retard porte intérêt simple de 1 % par mois, sur 24 mois au plus. Une demande de remboursement de droits payés par erreur doit être présentée dans les trois ans du paiement ou de la liquidation définitive.[1]
Décisions anticipées et opérateur économique agréé
L'article 258 permet à toute personne de demander une décision anticipée sur le classement et l'origine d'une marchandise avant importation ; elle lie le demandeur et tous les agents des douanes.[1] En pratique, la demande doit être déposée au moins soixante jours avant l'importation, avec une redevance de 2 000 Tk, et la décision vaut trente-six mois.[2] La douane publie une base des décisions rendues.[10] Pour un équipement français dont la position tarifaire prête à discussion, c'est la meilleure assurance avant expédition.
Le statut d'opérateur économique agréé
L'article 97 permet à la NBR d'accorder le statut d'opérateur économique agréé (OEA) à une personne établie au Bangladesh qui satisfait aux critères de conformité ; l'article 35(2) lui ouvre un paiement différé jusqu'à quatorze jours après la mainlevée contre garantie.[1] Le Finance Act 2026 a supprimé l'exigence d'un rapport d'audit dans la demande et relevé les taux minimaux de dédouanement en circuit vert, par exemple de 20 % à 40 % pour la catégorie (a).[5] La loi prévoit aussi la reconnaissance mutuelle avec des opérateurs agréés étrangers par accord international.[1]

Entrepôts sous douane et zones franches
Le chapitre XVI permet de placer des marchandises importées en entrepôt sans paiement des droits, sous caution générale et, le cas échéant, garantie bancaire.[1] Les licences sont ouvertes aux unités entièrement ou réputées exportatrices ; c'est le régime des usines textiles qui fabriquent pour les enseignes européennes.[2] Le Finance Act 2026 a porté la caution générale des entrepôts centraux de 10 à 50 millions de Tk et permis à dix industries supplémentaires d'importer leurs matières en franchise contre garantie bancaire.[5]
La même loi a introduit des zones franches dans le Customs Act 2023 : aucune licence d'entrepôt n'y est exigée, le négoce, l'emballage et le reconditionnement y sont admis, et les droits ne sont payés qu'à la vente sur le territoire douanier national.[2] [5]
Guichet unique électronique
L'article 175 fonde le Bangladesh Single Window, plateforme électronique des certificats, licences et permis. Depuis le 1er juillet 2025, les documents de dix-neuf organismes, dont la BEPZA, le BSTI et l'Export Promotion Bureau, doivent obligatoirement y transiter pour le dédouanement.[1] [2]
Sanctions et règlement amiable
En cas de fausse déclaration ou de faux documents, l'importateur encourt soit une pénalité d'une à deux fois les droits éludés avec confiscation des marchandises, soit, après condamnation, jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, une amende du même montant ou les deux.[1] Sauf fraude, aucune amende ni confiscation n'est possible si l'avis de motifs n'est pas émis dans les trois ans. Les actes du commissionnaire en douane sont présumés autorisés par son mandant : encadrez-le comme vos propres équipes.[1]
Le chapitre XXV ouvre une procédure de règlement alternatif pour les litiges sur la valeur en douane et les amendes qui s'y rattachent. Elle exclut la fraude, la contrebande, le blanchiment, les litiges de classement et les fausses déclarations de désignation, de quantité ou de position tarifaire.[1] Pour un simple relèvement de valeur, c'est souvent la voie la plus rapide ; pour un litige de classement, seul le recours reste ouvert.
Recours contre une décision douanière
Le recours de premier niveau devant le Commissioner of Customs (Appeal) doit être formé dans les trois mois, prorogeables de deux mois pour motif légitime ; faute de décision dans les deux ans, prorogeables de six mois, il est réputé accueilli.[1] Lorsque les marchandises ont quitté le contrôle douanier, un dépôt de 10 % des droits réclamés, ou de l'amende, est en principe exigé, sauf dispense pour difficulté excessive.[1]
Le Customs, Excise and VAT Appellate Tribunal est saisi dans les 90 jours, prorogeables de 60 jours, et doit statuer dans les deux ans. Ses décisions peuvent être portées dans les 90 jours devant la High Court Division, siégeant à deux juges au moins.[1] En mai 2026, la Haute Cour a déclaré irrecevable un recours en annulation (writ) contre une décision du Tribunal qui pouvait faire l'objet d'un appel.[6]
Identifier la loi applicable
Vérifiez si l'opération relève de la loi de 1969 au titre des dispositions transitoires ou du Customs Act 2023.
Classer et documenter
Obtenez si nécessaire une décision anticipée et réunissez contrat, facture, paiements et redevances.
Recevoir l'avis
Analysez l'avis de motifs ou la liquidation et la base légale du redressement.
Choisir la voie
Règlement amiable pour un litige de valeur ; recours pour un litige de classement ou une accusation de fausse déclaration.
Former le premier recours
Saisissez le Commissioner (Appeal) dans les trois mois, avec le dépôt de 10 % si les marchandises ont été enlevées.
Saisir le Tribunal
Faites appel devant le Customs, Excise and VAT Appellate Tribunal dans les 90 jours et demandez un sursis si nécessaire.
Porter l'affaire devant la Haute Cour
Saisissez la High Court Division dans les 90 jours de la décision du Tribunal.
| Voie | Base légale | Délai | Adaptée à | Point clé |
|---|---|---|---|---|
| Décision anticipée | Article 258 | Au moins 60 jours avant l'importation | Classement et origine | Lie tous les agents des douanes |
| Règlement amiable | Chapitre XXV | Avant la fin de la procédure | Litiges de valeur et amendes liées | Exclut classement et fausses déclarations |
| Commissioner (Appeal) | Articles 220 et 221 | 3 mois, plus 2 pour motif légitime | Décisions inférieures au rang de Commissioner | Réputé accueilli faute de décision |
| Tribunal d'appel | Articles 225 à 228 | 90 jours, plus 60 pour motif légitime | Décisions des Commissioners et premiers recours | Peut accorder un sursis |
| High Court Division | Articles 229 à 231 | 90 jours après la décision du Tribunal | Questions issues des décisions du Tribunal | Formation d'au moins deux juges |
| Remboursement | Article 34 | 3 ans après le paiement | Droits payés par erreur | Court depuis la liquidation définitive si provisoire |
Côté export : ce que change la sortie de la catégorie des PMA
Les droits de douane au Bangladesh ne sont qu'une moitié de l'équation pour un acheteur européen : l'autre est le droit payé à l'arrivée en Europe. Le Bangladesh doit quitter la catégorie des pays les moins avancés le 24 novembre 2026 ; une demande de report de trois ans, jusqu'en 2029, attendait encore au 20 octobre 2026 la décision de l'Assemblée générale des Nations unies.[7]
Après la sortie, l'Union européenne maintient le régime « Tout sauf les armes » pendant une transition de trois ans ; le Bangladesh devra ensuite relever du SPG standard ou du SPG+, avec une règle d'origine à double transformation pour les vêtements.[8] Les acheteurs français, belges et luxembourgeois doivent dès maintenant vérifier l'origine des tissus utilisés par leurs fournisseurs et modéliser les deux scénarios de calendrier.
Documents venant de France
La France et la Belgique ont fait objection à l'adhésion du Bangladesh à la Convention Apostille : leurs actes publics destinés au Bangladesh, comme une procuration notariée donnée à un représentant local, doivent encore être légalisés.[9] Anticipez ce délai avant un litige douanier ou une demande de licence.

Droits de douane au Bangladesh : erreurs critiques à éviter
- Expédier sans décision anticipée un équipement dont le classement est discutable.
- Dissocier documentation douanière et prix de transfert du groupe.
- Ignorer la date d'enregistrement de la déclaration lors d'un changement de budget.
- Laisser passer le délai de trois mois du premier recours.
- Confier un mandat illimité au commissionnaire en douane.
Les décisions décisives se prennent avant l'arrivée des marchandises : classement, preuve de la valeur, régime d'entrepôt ou statut d'opérateur agréé, instructions au commissionnaire. TRW conseille importateurs, exportateurs et acheteurs sur la conformité, les audits, les décisions anticipées et les contentieux douaniers.
Questions fréquentes
Quelle loi régit les droits de douane au Bangladesh ?
Le Customs Act 2023 (loi n° 57 de 2023), qui a abrogé le Customs Act 1969, avec des dispositions transitoires pour les affaires et créances en cours.[1]
Existe-t-il une version anglaise officielle ?
Oui, publiée par SRO n° 441-Law/2025 du 9 novembre 2025. Le texte bengali prévaut en cas de divergence.[1]
Comment la valeur en douane est-elle déterminée ?
Quels droits s'ajoutent au droit de douane ?
Le droit régulateur, le droit supplémentaire, la TVA, l'avance d'impôt sur le revenu et l'avance de taxe ; les trois derniers sont en principe récupérables.[2]
Peut-on obtenir une décision anticipée de classement ?
Quels avantages offre le statut d'opérateur agréé ?
Combien de temps la douane a-t-elle pour réclamer des droits ?
En principe trois ans à compter de la mainlevée, sans limite en cas de déclaration ou de document faux.[1]
Quels sont les délais de recours ?
Trois mois devant le Commissioner (Appeal), 90 jours devant le Tribunal, puis 90 jours devant la High Court Division.[1]
Faut-il consigner une partie des droits pour faire appel ?
Oui, 10 % des droits réclamés ou de l'amende lorsque les marchandises ont quitté le contrôle douanier, sauf dispense.[1]
Registre des sources
Sources juridiques et réglementaires primaires
Documents vérifiés le 24 octobre 2026. Vérifiez le texte officiel en vigueur avant de vous fonder sur une disposition.
- Customs Act 2023 (Act No. 57 of 2023), authentic English text, SRO No. 441-Law/2025 dated 9 November 2025 — National Board of Revenue
- PwC Worldwide Tax Summaries — Bangladesh: Other taxes (reviewed 31 July 2026)
- Value Added Tax and Supplementary Duty Act 2012 — authentic English text, Laws of Bangladesh
- Bangladesh Customs — Valuation procedure and the Customs Valuation Rules 2000
- PwC Bangladesh, 2026 — Finance Act 2026: Key Amendments
- High Court Division, Writ Petition No. 10279 of 2025, Commissioner of Customs, Chattogram v Customs, Excise and VAT Appellate Tribunal (20 May 2026)
- The Daily Star, 20 October 2026 — Bangladesh expects LDC deferment decision this month
- The Daily Star — EU GSP rules and Bangladesh's RMG
- HCCH — Apostille Convention: objections to Bangladesh's accession (Article 12)
- Bangladesh Customs — Advance ruling database
- The Daily Star, 11 April 2026 — 20 ordinances lose validity
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